Le choix de la crèche comme mode d’accueil : entre bénéfice pour l’enfant et adaptation aux contraintes

Résumé de l’étude

Fin 2013, en France métropolitaine, 23 % des enfants de moins de 3 ans sont confiés au moins une fois dans la semaine à un établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE), c’est-à-dire à une crèche ou à une halte-garderie.

En six ans, l’offre d’accueil en EAJE est passée de 14 places pour 100 enfants de moins de 3 ans en 2007 à 17 places pour 100 enfants en 2013. Environ 410 000 places sont offertes dans les EAJE tandis que, d’après l’enquête, 520 000 enfants de moins de 3 ans y ont été confiés au moins une fois par semaine. En effet, plusieurs enfants peuvent occuper la même place car certains n’y sont confiés qu’une partie du temps.

Pour plus de la moitié des enfants accueillis, l’EAJE est le mode d’accueil principal : ils y passent la majeure partie de leur temps du lundi au vendredi, de 8 heures à 19 heures.

Neuf fois sur dix, l’EAJE était le premier choix des parents au moment de la recherche d’une solution d’accueil. Plus d’une fois sur deux, ce choix était motivé par les bénéfices supposés pour l’épanouissement et la socialisation de l’enfant.

Un quart des enfants confiés à titre principal à un·e assistant·e maternel·le le sont à défaut d’avoir eu accès à un EAJE, en raison du manque de place disponible ou d’horaires incompatibles.

En revanche, lorsque l’enfant est confié à un EAJE à titre principal, les parents sont moins souvent satisfaits des conditions d’accueil que lorsqu’il est confié à un·e assistant·e maternel·le (respectivement 75 % et 81 %) ; c’est notamment le cas pour les horaires d’accueil (67 % contre 85 %). Par ailleurs, les parents rencontrent plus souvent des difficultés en accueil collectif que lorsqu’ils ont recours à un·e assistant·e maternel·le quand leur enfant est malade (contamination, refus d’accueil : 39 % des cas, contre 22 %), ou en cas d’imprévu au travail (39 %, contre 27 %).

Parmi les enfants confiés à un mode d’accueil formel payant, ceux dont au moins un parent ne travaille pas, ceux issus des ménages modestes et ceux qui résident en zone urbaine ont plus de chances d’être confiés à un EAJE qu’à un·e assistant·e maternel·le ou à un·e garde à domicile. Les enfants passent en moyenne 28 heures et demie par semaine dans l’EAJE, soit 4 heures et demie de plus qu’en 2007.

En EAJE, les parents dépensent en moyenne 150 euros net par mois et par enfant, contre 200 euros net pour un·e assistant·e maternel·le ou un·e garde à domicile

Pauline Virot (DREES), 2017, « Le choix de la crèche comme mode d’accueil, entre bénéfices pour l’enfant et adaptation aux contraintes », Études et Résultats, n°1014, Drees, juin.