Evaluation de l'ETP à l'hôpital pour le diabète

Le diabète est devenu en 2010 la plus importante ALD avec 2,9 millions de personnes atteintes, dont 92% ont un diabète de type 2. Cette progression serait essentiellement due à l'épidémie d'obésité.

Le poids financier pour l'assurance maladie de cette croissance est une augmentation annuelle des dépenses d'assurance maladie de 4,4% entre 2001 et 2007 concernant le diabète pour atteindre 13 milliards d'euros.

Concernant le diabète, les établissements de court séjour ont une compétence spécifique notamment pour le second recours pour le diabète de type 2, mais l'hôpital en revanche ils sont est prépondérant pour ce qui est du diabète de type 1, notamment en ce qui concerne la mise sous pompe.

L'éducation thérapeutique est tout particulièrement nécessaire pour la prise en charge des diabètes de type 1 et 2.

Les deux tiers des 2659 programmes d'éducation thérapeutique autorisés par les ARS se situent à l'hôpital.

Pourtant, un rapport de l'IGAS vient montrer les limites des bénéfices de l'ETP pour la prise en charge du diabète lorsqu'elle est pratiquée à l'hôpital et notamment la nécessité de développer l'accompagnement de ville et donc la coordination entre les établissements de santé et les professionnels de ville.

Ainsi, trois problèmes pour la prise en charge du diabète de type 2 sont soulignés : 

- Aux urgences : la mission l'IGAS recommande l'instauration de coordinateurs, chargés de la prise de contact avec les médecins traitants pour des prises de rendez-vous en établissement de santé 
- Concernant les transferts de savoir entre praticiens hospitaliers et médecins de ville : L'IGAS prend l'exemple de la mise sous insuline de patients par des médecins de ville qu pourrait permettre d'éviter des hospitalisations. A ce titre, la mission recommande l'accompagnement par des réseaux professionnels ville-hôpital pour favoriser les transferts de savoir.
- L'absence de structures d'aval en cas d'hospitalisation pour complications de patients diabétiques ce qui explique des durées d'hospitalisation trop longues. La mission recommande l'étude de la création en Soins de suite et de réadaptation (SSR) de places réservées aux patients diabétiques.

S'agissant des diabètes de type 1 : 

 La mission recommande la création de réseaux inter-hospitaliers incluant un centre de référence. "Les progrès technologiques (pompe à insuline, holter glycémique) qui demandent une spécialisation accrue de la prise en charge pousserait à une telle organisation".


Enfin l'IGAS revient sur les difficultés de financement actuelles de l'ETP :

- La T2A, fondée sur des analyses de coût qui reflètent des pratiques moyennes, peut léser les établissements qui prennent en charge l'éducation thérapeutique, dont le coût serait mal évalué dans un GHM moyen.

- En ambulatoire, l'éducation thérapeutique est prise en charge dans les MIGAC, lesquelles n''ont pas évolué depuis 2006.

- Enfin, le transfert des savoirs entre l'hôpital et la ville n'est pas assuré d'un financement par le  FIQCS.

Vous pouvez consulter l'intégralité du rapport de l'IGAS sur le lien suivant : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/124000256/0000.pdf