Les décrets du 17 avril 2008 réglementant les activités de SSR

Après plus de deux ans de travail concerté, les décrets portant sur le régime des autorisations d’exercer l’activité de soins de suite et de réadaptation ont enfin été publiés au Journal officiel du 20 avril 2008. Globalement, la dernière version des projets issus de la concertation n’a quasiment pas subi de modifications sur le fonds, la DHOS s’étant contentée de rendre plus cohérentes et d’harmoniser entre elles les différentes dispositions des deux textes. Les normes ainsi édictées restent malheureusement minimalistes à notre sens.


Conformément à l’objectif général de réorganisation de l’offre de soins, les deux décrets suppriment la réglementation relative aux maisons de repos, maisons de convalescence, maisons de régime et maisons de réadaptation fonctionnelle. Ils maintiennent néanmoins partiellement certaines dispositions relatives aux MECS (Maison d’enfants à caractère sanitaire).
La segmentation entre « soins de suite » et « rééducation et réadaptation fonctionnelle » disparaît également pour aboutir à une autorisation générique de « soins de suite et de réadaptation ». Cette fusion des activités ne remet néanmoins pas en question l’existence des prises en charges spécifiques puisque les nouvelles autorisations identifieront au-delà de la prise en charge polyvalente, d’une part, la prise en charge des enfants/adolescents, et d’autre part, neuf prises en charge reconnues comme spécialisées*. Les nouveaux textes définissent en conséquence la composition minimale des équipes pluridisciplinaires et des plateaux-techniques requis pour chacune de ces prises en charge.

NB : Il convient de préciser que la notion stricto sensu de « structures spécialisées » n’apparaît plus dans les dispositions du décret relatif aux conditions techniques de fonctionnement qui porte ainsi sur des prises en charge spécialisées et non plus sur des structures SSR spécialisées.

La nouvelle réglementation reconnaît en outre les nombreuses missions assurées aujourd’hui par les structures SSR : soins médicaux, rééducation, réadaptation, prévention, éducation thérapeutique, ou encore préparation et accompagnement à la réinsertion familiale, sociale, scolaire ou professionnelle.
Le rôle d’expertise ou de recours des établissements SSR est en outre particulièrement mis en exergue puisqu’il constitue désormais un unique article du Code de la santé publique (R. 6123-125 CSP).

La publication des deux décrets le 20 avril 2008 a déclenché la mise en œuvre de la réforme. Elle débutera par une révision des volets SSR des différents SROS intervenant dans un délai maximum de 18 mois, c’est-à-dire d’ici le mois d’octobre 2009. A la publication du SROS révisé, tous les établissements titulaires d’autorisations en soins de suite et/ou en rééducation et réadaptation fonctionnelle auront l’obligation de déposer un dossier de demande d’autorisation pour l’activité de SSR, conformément aux nouvelles dispositions du SROS, et ce dans un délai de six mois en respectant la fenêtre de dépôt que l’Agence régionale ouvrira en conséquence. L’ensemble des autorisations sera ainsi remis en question, y compris celles ayant fait l’objet d’un renouvellement récent. La procédure classique de demande d’autorisation suivra ensuite son cours, et les établissements bénéficieront d’un délai de 2 ans à compter de la notification de leur autorisation pour mettre en conformité leurs structures aux nouvelles dispositions du SROS. Il est précisé qu’en cas de non-conformité à l’expiration de ce délai, la procédure administrative de suspension de l’autorisation pour manquement aux lois et règlements pourra être engagée par l’Agence régionale.

Notons enfin que les dispositions applicables à Mayotte ont disparu des décrets publiés, aucun régime spécifique n’est donc prévu.
Introduit de la même façon depuis la dernière version des textes soumise à concertation, et sans pour autant générer de réels effets juridiques, le GCS trouve une place comme outil de coopération alternatif aux conventions dans l’organisation de l’accès à certains plateaux-techniques particuliers (imagerie, analyses de biologie médicale, atelier d’appareillage, laboratoire d’analyse du mouvement, électroencéphalographie, unité de réanimation médicale, explorations pneumologiques, etc.). Sans produire de changement en pratique, cet ajout démontre la volonté manifeste des pouvoirs publics de renforcer et rénover le GCS en le rendant plus souple, plus simple et plus rapide, tel que l’avait déjà annoncé Mme Bachelot lors du dernier Congrès de la FEHAP.

* Prise en charge de l’appareil locomoteur ; du système nerveux ; de l’appareil cardiovasculaire ; de l’appareil respiratoire ; des affections des systèmes digestif, métabolique et endocrinien ; des affections onco-hématologiques ; des brûlés ; des conduites addictives ; des personnes âgées polypathologiques, dépendantes ou à risque de dépendance.




Pour plus de détails, voici quelques éléments de modifications constatés :

  • Décret n°2008-377 du 17 avril 2008 relatif aux conditions d’implantation applicables à l’activité de soins de suite et de réadaptation :
    • Suppression de « curatifs et palliatifs » : n’apparaissent que les soins médicaux. Référence à la réglementation en vigueur pour les soins palliatifs.
    • Fusion des articles de prise en charge des enfants/adolescents : anciens articles R. 6123-124 et R. 6123-125 regroupés dans l’article R. 6123-120 CSP. L’autorisation SSR générique déclinera bel et bien toutes les prises en charge spécifiques, que sont la prise en charge des enfants/adolescents ainsi que les neuf prises en charge reconnues comme spécialisées.

 

  • Décret n° 2008-376 du 17 avril 2008 relatif aux conditions techniques de fonctionnement applicables à l’activité de soins de suite et de r&ea