La Charte « Mieux manger, moins jeter en EHPAD » ou comment réduire les déchets en EHPAD tout en favorisant le bien-vieillir

La lutte contre le gaspillage alimentaire est un enjeu éthique, environnemental et social pour les EHPAD. C’est pour répondre à ces enjeux que le 8 décembre 2015, Laurence Rossignol, Secrétaire d’Etat en charge de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, s’est rendu dans l’EHPAD Erik Satie à Bonneuil-sur-Marne (94) géré par le Groupe SOS et adhérent de la FEHAP pour y lancé officiellement la charte « Mieux manger, moins jeter en EHPAD ».

 

Un état des lieux inquiétant…

La restauration collective des Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est une des plus importantes sources de gaspillage de denrées alimentaires. Les établissements produisent en moyenne 166 grammes de denrées alimentaires perdues ou gaspillées par personne et par repas. Les raisons ? La grande diversité des profils nutritionnels, les difficultés qu’ont certains résidents à absorber la nourriture ou tout simplement la qualité des repas.

 

… une solution durable proposée

C’est pour remédier à ce problème, tout en profitant de la bonne dynamique de la COP 21, que Laurence Rossignol est venue signée une charte qui fait écho des préoccupations écologiques et sociales en visant à lutter contre le gaspillage alimentaire et à assurer la qualité des repas en EHPAD pour garantir le bien-être des résidents.

photo charte

Le choix du lieu de la signature s’est fait vers un établissement FEHAP, du groupe SOS ouvert en mars dernier, et qui possède déjà la certification Habitat et environnement (HE), un label reconnaissant son engagement dans une démarche de développement durable en matière de recherche d'économie d'énergie. Mais l’EHPAD Erik Satie va plus loin avec la première signature de cette charte et espère ouvrir la voie pour de nombreux autres établissements.

Le lancement de cette charte confirme la volonté des acteurs du secteur de participer à la mobilisation collective en faveur d’un développement durable et rappelle l’importance de réinterroger nos façons de consommer, et cela à tout âge de la vie. Il existe trois intérêts majeurs à lier l’alimentation des résidents à la lutte contre le gaspillage:

  • Ecologique : Une nécessité de préserver les ressources naturelles, diminuer la production de déchets et le traitement de ceux-ci en optimisant la gestion des stocks alimentaires au sein des établissements et en favorisant au maximum la revalorisation (dons d’aliments non consommés, compostage des bio-déchets);
  • Un intérêt économique pour réduire la facture car oui, le gaspillage fait perdre beaucoup d’argent aux établissements ;
  • Aussi et avant tout un objectif sanitaire et social: celui de participer au bien-être des personnes âgées en prévenant au maximum la perte d’autonomie et les phénomènes de dénutrition. La preuve en est puisque 45% des résidents en EHPAD estiment que pour se sentir bien, il faut avant tout avoir une alimentation saine et équilibrée selon une récente étude.

 

De l’élaboration à la mise en action

La charte a été élaborée avec la concertation de l’ensemble des fédérations du secteur, mais aussi les représentants des usagers et même des nutritionnistes afin qu’elle adhère au mieux avec les attentes mais surtout avec les besoins des usa­gers. La charte est décomposée en plusieurs par­ties. Parmi les solutions proposées en faveur du mieux mangé on retrouve notamment le déve­loppement des circuits courts d’approvisionnement pour favoriser les produits locaux et de saison. Le volet moins jeter incite à adapter les quantités pour limiter les déchets ou encore incite à la revalorisation (don, com­postage, etc…). Enfin on retrouve une partie dédiée à informer et sensibiliser à cette démarche et évaluer les impacts de celle-ci.

Parmi les solutions innovantes possibles, on retrouve le Concours de Gastronomie pour le Grand Âge, Silver Fourchette, qui est un programme national d’amélioration de l’alimentation des personnes âgées porté par le Groupe SOS Seniors et la FEHAP, et qui s’inscrit parfaitement dans la Charte « Mieux manger, moins jeter en EHPAD». A cette occasion, trois cuisiniers d’EHPAD du Groupe SOS Seniors ont ainsi réalisé une démonstration à Laurence Rossignol.

 

Des objectifs ambitieux

Dans son discours, Laurence ROSSIGNOL a apporté son soutien au GROUPE SOS : «Je tiens donc à saluer le travail remarquable des équipes de cet établissement, ainsi que l’engagement du GROUPE SOS dans la gestion de ce projet. Je sais le GROUPE SOS particulièrement attaché à développer des projets d’innovation sociale et je tiens à vous apporter tout mon soutien dans cette démarche ».

Mais elle a prévenu, « Je compte pleinement sur les résidents ainsi que leurs familles pour être les garants du respect de cette charte. Il ne s'agit pas que les établissements s'en servent comme d'un outil d'affichage ne reposant sur aucune action concrète, le 'green washing' ou 'écoblanchiment' que certains connaissent bien ».

Laurence Rossignol a annoncé que cette charte est « une première étape qui pourra nous mener à terme vers un label, un dispositif plus exigeant et de fait, encore plus incitatif ». La charte "Mieux manger, moins jeter", préconisant de promouvoir l'accès à une alimentation favorable à la santé, représente en effet la première mesure du plan de prévention de la perte d’autonomie, remis en septembre.

 

Tous les EHPAD volontaires sont donc invités à se saisir de cette charte afin de renforcer la mobilisation en faveur du bien vieillir, du bien consommer et du bien agir sur l’environnement.