Présentation de l'enquête sur le bénévolat

LE BÉNÉVOLAT : UNE RÉALITÉ A LA FEHAP

 

L’engagement bénévole constitue une des principales caractéristiques du secteur privé non lucratif, notamment dans la forme bénévolat de gouvernance. Les administrateurs bénévoles assurent le portage des organisations et assurent la responsabilité de construire des projets associatifs à l’appui desquels ils créent des activités en direction des personnes malades et fragilisées.

Afin de mieux connaitre la façon dont s’organise le bénévolat au sein des associations adhérentes à la FEHAP, un recueil d’informations a été adressé aux 1600 adhérents. C’est cet engagement que la FEHAP a souhaité mettre à l’honneur à l’occasion de cette 3ème Université des Administrateurs.

Le bénévolat constitue la marque identitaire du secteur privé non lucratif. La réalisation de l’enquête résulte d’une volonté du Président de la FEHAP afin de porter ensemble une réflexion sur le sens du bénévolat dans notre société.  Cette thématique s’inscrit également dans la lignée de nos journées régionales et fait écho au film « Paroles d’administrateurs » diffusé lors de la 2ème Université de printemps des administrateurs.

 

Dans ce contexte, l’enquête réalisée auprès des adhérents poursuivait quatre objectifs :

Avoir une vision d’ensemble du bénévolat, tout en distinguant le bénévolat de gouvernance et le bénévolat d’accompagnement. Il s’agissait aussi de quantifier et de qualifier le bénévolat et de caractériser l’engagement des bénévoles.

Tous les secteurs représentés à la FEHAP ont participé à cette enquête, avec une surreprésentation du secteur sanitaire et du secteur du handicap. Par contre, proportionnellement, les secteurs personnes âgées, personnes en difficulté et protection de l’enfance sont sous représentés.

 

Nous allons nous intéresser à deux catégories de bénévoles : les bénévoles de gouvernance et les bénévoles d’accompagnement.

Le bénévolat de gouvernance concerne l’ensemble des organisations qui déclarent une moyenne de 13 personnes par organisation.Si l’on extrapole à l’ensemble des adhérents, ce sont environ 20.000 à 22.000 bénévoles qui s’engagent dans la gouvernance des organisations. Sans surprise, la majorité des administrateurs est âgée de plus de 60 ans.

Trois sur dix ont entre 40 et 60 ans, presque 7 sur 10 sont âgés de plus de 60 ans, et seulement 2% ont entre 20 à 40 ans. Ces constats nous renvoient au film « Paroles d’administrateurs » diffusé lors de la 2ème Université de Printemps des Administrateurs qui concluait à la fois à la nécessité d’accueillir les jeunes générations, et à la fois, à la difficulté de leur laisser une place.

Les plus jeunes s’investissent majoritairement dans le secteur des personnes âgées (41%) et le secteur sanitaire (30%), mais également auprès des adultes en difficulté (15%). Les 40-60 ans suivent les mêmes tendances ; ce n’est qu’après 60 ans que 4 bénévoles sur 10 s’engagent dans le secteur sanitaire, 35% auprès des personnes âgées et 15% dans le champ du handicap.

Les hommes constituent le gros des troupes ! A hauteur de 64 %, et les femmes comptent pour 36 %. Cette tendance est constante ! Les femmes sont minoritaires dans l’exercice du pouvoir, alors qu’elles sont majoritaires dans les soins aux personnes. En outre, les hommes s’engagent plus longtemps : ils sont 7 hommes pour 3 femmes à être engagés depuis plus de cinq ans. La proportion est à peu près identique pour ceux qui se sont engagés depuis moins de cinq ans. Les femmes entrent deux fois moins souvent dans les Conseils d’Administration mais quand elles y sont, elles y restent ! Les hommes et les femmes sont à égalité dans le secteur personnes âgées. Dans tous les autres secteurs, les femmes sont entre 38%et 24%.

Dans tous les cas, les bénévoles de gouvernance s’engagent au long cours. 7 bénévoles sur 10 depuis plus de cinq ans et un tiers depuis moins de cinq ans ! Trois personnes sur dix constituent un vivier de renouvellement des Conseils d’Administration. Ce renouvellement est vital pour le secteur privé non lucratif, permettant ainsi de mixer des populations de tous âges et des deux genres !

A titre d’exemple, plusieurs associations interrogées sur les modalités de renouvellement de leur gouvernance nous ont précisé qu’il s'effectuait principalement par cooptation, bouche à oreille, connaissances et également, pour l’une d’entre elles, par annonces dans la presse locale. Cela nous renvoie à une hypothèse portée par la FEHAP de travailler sur une bourse pour permettre à des personnes désirant s’engager, mais ne sachant comment faire, d’avoir davantage de moyens pour le faire. Le secteur personnes âgées, suivi de peu par le secteur sanitaire, retient les bénévoles sur la durée. Seul le secteur enfants handicapés fait l’objet d’un renouvellement constant, probablement du fait de l’engagement des parents qui passent la main lorsque l’enfant devient adulte. 53% des bénévoles de gouvernance sont retraités et 47% sont actifs.

Après avoir interrogé plusieurs associations, il apparait que peu de bénévoles de gouvernance ont  recours à la formation et il existe une vraie difficulté pour l'organiser. Sans surprise, plus de la moitié des bénévoles de gouvernance sont issus de la catégorie cadres et professions intellectuelles supérieures. Une autre petite moitié se répartit entre professions intermédiaires (12%), artisans et commerçants (8%) et employés (8%). 5% n’exercent aucune activité professionnelle et 2% sont des agriculteurs exploitants.Qu’ils soient actifs ou retraités, les cadres et les professions intellectuelles sont en grande majorité représentés.

A titre d'exemple, une association questionnée nous a détaillé la composition de son Conseil d'Administration : deux médecins, un architecte, un ancien directeur général dans l’agroalimentaire, un ancien directeur d’établissement de rééducation, un ancien dirigeant d’une PME, un cadre informaticien, une ancienne secrétaire et une assistante en chirurgie.

 

Les bénévoles d’accompagnement sont majoritairement rattachés à une association de bénévoles, seuls 10% sont indépendants. L'interrogation de plusieurs associations volontaires a permis de mieux connaitre l'organisation du bénévolat d'accompagnement au sein de leur structure. Ainsi, dans un service de soins à domicile, il y a des parents proches touchés par la maladie, des anciens professionnels de santé et aussi, des personnes ayant la volonté d'exercer une activité bénévole.Les associations amenées à intervenir au sein d'une même structure peuvent être très diverses : association interne, association conventionnée ...

Un établissement sanitaire dans lequel les bénévoles sont rattachés à plusieurs associations nous a exposé qu'étaient organisées une fois par an une réunion avec les salariés et les bénévoles puis, une fois par trimestre, une réunion avec les bénévoles seulement. Dans un autre établissement sanitaire, c'est la directrice qui organise une réunion avec tous les bénévoles une fois par mois avec, si besoin, des points en surplus lors de situations difficiles à vivre. Ces réunions s'ajoutent à celles que les associations organisent de leur côté avec les bénévoles.

Les associations dont dépendent les bénévoles couvrent en majeure partie l’animation et la culture, les soins palliatifs, le culte et l’accompagnement des personnes en difficultés. En moindre importance, elles couvrent également le droit des patients et les chiens d’assistance. Les activités des bénévoles d’accompagnement sont diverses et variées. Elles peuvent être la participation à des ateliers d’écriture, d’arts plastiques, de jeux de société ou encore l’organisation d’activités de chant ou de théâtre. Il peut s’agir également d’apporter une expérience ou un soutien face à une maladie ou bien tout simplement aider au transport ou au déplacement de personnes en fauteuil.

Au sein des personnes interrogées, la majorité des bénévoles formés bénéficie d’une formation en amont de leur intervention dans l’établissement. Plus marginalement, c’est la structure elle-même qui délivre une formation aux bénévoles. Ainsi, par exemple, une association nous a expliqué que c’était le responsable de l’aumônerie, conventionnée avec l’établissement, qui avait en charge la formation des nouveaux bénévoles. Ces derniers sont formés deux mois au minimum, incluant une période test avec une mise en situation. Il s’agit d’une formation complète portant sur le respect du secret professionnel, les consignes liées aux infections, la qualité des relations avec les usagers, le droit des patients et le respect des croyances et des volontés.