• La promotion du bénévolat associatif

    14-12-2012 

    La promotion du bénévolat associatif : une exigence portée au Parlement par le Député Pierre Morel-A-L’Huissier

     

    Le bénévolat est au cœur du secteur Privé Non Lucratif. Le bénévolat de gouvernance, qui fait vivre les Conseils d’Administration de ses structures, fait partie de ses spécificités. Le Député Morel-A-L’Huissier a déposé en début d’année 2012 à l’Assemblée Nationale une proposition de loi visant à promouvoir le bénévolat associatif. Rencontre.

    Le bénévolat d’accompagnement des femmes et des hommes mettant de leur temps au service de personnes plus fragiles apporte, quant à lui, une réelle valeur ajoutée dans la prise en charge des usagers. L’Université de Printemps des Administrateurs de la FEHAP, consacrée à cette forme particulière d’investissement dans le champ de l’économie solidaire, a permis de questionner la fonction et le rôle du bénévolat dans notre société. Le Député Morel-A-L’Huissier a déposé à l’Assemblée Nationale une proposition de loi visant à promouvoir le bénévolat associatif. Droit à la formation, Valorisation des Acquis de l’Expérience, accès aux concours internes de la Fonction Publique : son texte met en avant des solutions en faveur de la reconnaissance sociale et juridique du « don de temps librement consenti et gratuit ». Cet engagement politique a éveillé notre curiosité et nous a donné envie de lui poser quelques questions.

    Pierre Morel-A-L'huissier est Député de la Lozère et Membre de la Commission des Lois. Maire et Conseiller général de Fournels (Lozère), il a toujours placé le développement des territoires ruraux au centre de son action politique. Rapporteur de nombreuses lois, dont tout récemment la réforme de la fonction publique, il est également l'auteur et le rapporteur de la loi du 20 juillet 2011 relative à l'engagement des sapeurs-pompiers volontaires et à son cadre juridique.

     

    Vous avez déposé le 24 janvier dernier une proposition de loi visant à promouvoir le bénévolat associatif à l'Assemblée Nationale. Qu'est-ce qui vous a donné envie de travailler sur ce sujet ?

    C'est à partir de mon travail sur les pompiers volontaires que je me suis penché vers l'engagement bénévole. En 2009, j'ai été membre de la Commission Ambition-Volontariat, présidée par Luc Ferry, pour réfléchir sur la valorisation des sapeurs-pompiers volontaires. A la suite de ce travail, j'ai déposé une proposition de loi, adoptée durant l'été 2011, à l'unanimité des tendances politiques.

    Fort de cette expérience, j'ai voulu continuer à valoriser l'engagement pour la société en me penchant sur un secteur vital : le bénévolat. L'année 2011 étant l'année européenne du bénévolat et du volontariat, il me semblait le moment bien choisi pour élaborer une proposition de loi. Pendant plus de six mois, j'ai ainsi rencontré et consulté des responsables d'associations, des spécialistes du monde associatif, des juristes et autres personnalités qualifiées pour peaufiner ce texte.

    Phrase en exergue : « Les associations sont primordiales dans le monde rural, car elles contribuent fortement au lien social, mais aussi à la vie sportive et culturelle. Elles sont un vivier exceptionnel de dynamisme et d'initiative qui font vivre les territoires ».

     

    Vous êtes élu de la Lozère. La problématique du bénévolat revêt-elle une dimension particulière en milieu rural ?

    Oui et je considère ce point comme essentiel. Les associations sont primordiales dans le monde rural, car elles contribuent fortement au lien social, mais aussi à la vie sportive et culturelle. Elles sont un vivier exceptionnel de dynamisme et d'initiative qui font vivre les territoires. C'est pourquoi il me semble essentiel de promouvoir ce bénévolat et de l'encourager pour que les plus jeunes s'engagent dans des associations.

    Je me suis toujours battu pour favoriser le développement des territoires ruraux. On entend souvent dire que ces territoires se développeront en créant des activités touristiques. C'est vrai, mais il ne faut pas oublier que ces territoires vivent aussi hors des saisons touristiques et, cette vie sociale, ce sont les associations locales qui la créent.

    Toutes sont importantes. Il s'agit d'une véritable reconnaissance nationale de l'engagement de ces hommes et femmes donnant gracieusement de leur temps pour les autres. C'est pourquoi certains droits nouveaux leur sont ouverts.

    Ainsi, est créé un droit à la formation et une Validation des Acquis de l'Expérience associative. Ces mesures visent à permettre aux bénévoles de valoriser leur engagement qui pourra leur amener des bénéfices en matière de qualification. D'autres mesures concernent plus particulièrement les personnes ayant un poste d'administration dans les associations, c'est-à-dire celles déclarées dans les statuts déposés en préfecture. Deux autres mesures permettent enfin aux bénévoles de bénéficier d'une assurance de type assurance du travail, ainsi que de s'affilier à un service de médecine du travail.

    Phrase en exergue : « Les parlementaires doivent proposer et défendre des dispositions législatives en faveur du monde associatif et pour promouvoir l'engagement bénévole ».

     

    Plus généralement, quel peut-être le rôle d'un élu par rapport aux acteurs des milieux associatifs ?

    Un élu a tout d'abord le rôle de soutien des milieux associatifs. Je suis souvent sollicité par les associations lozériennes pour leur apporter une aide, financière, ou autre. Il s'agit parfois d'un coup de pouce ou dans leurs rapports avec les administrations. C'est un rôle très important, car nous sommes très demandés et cela nous permet d'affirmer notre soutien aux associations au jour le jour.

    Les parlementaires doivent proposer et défendre des dispositions législatives en faveur du monde associatif et pour promouvoir l'engagement bénévole. C'est ce que j'ai voulu faire avec cette proposition de loi.

     

    Propos reccueillis par Florence Leduc, Directeur du secteur formation et de la Vie associative FEHAP