Résultats de la phase pilote du plan d'actions d'amélioration de la prise en charge médicamenteuse au sein des EHPAD d'Ile-de-France

Un an après, un bilan positif de l’expérimentation du plan d’actions d’amélioration de la prise en charge médicamenteuse au sein des EHPAD d’Île-de-France. 

 

En 2016, l’ARS Île-de-France a accompagné 15 établissements volontaires dans la mise en oeuvre d’une douzaine d’actions simples et pragmatiques visant à améliorer la prise en charge médicamenteuse (PECM) en Ehpad. Un an plus tard, force est de constater le succès de cette expérimentation et la satisfaction des établissements qui y ont participé.
 
Une infirmière qui porte un gilet jaune pour ne pas être dérangée pendant la distribution des médicaments, un médecin coordonnateur qui décide de ne plus accepter les prescriptions orales sans traçabilité écrite, ou encore un pharmacien d’officine nommé référent de la PECM de l’Ehpad… Ces actions ont été mises en place par des Ehpad dans le cadre de l’expérimentation du plan d’actions d’amélioration de la PECM1 lancée par la direction de la Qualité, de la sécurité et de la protection des populations et la direction de l’Autonomie de l’ARS.
 
Soutien de la direction et motivation des professionnels de santé, les clés du succès
« Soulignons que les établissements qui ont présenté les progrès les plus notables sont ceux dont le pharmacien d’officine ou de la pharmacie à usage intérieur était très impliqué », note Laetitia Bonneau, chef de projet au sein de l’Agence régionale de santé Île-de-France. Le soutien des directions des établissements, du médecin coordonnateur et de l’IDEC a joué un rôle essentiel dans la réussite de l’expérimentation. Chacun des 15 Ehpad s’est approprié les mesures et les outils opérationnels proposés par l’ARS (charte, schéma de la PECM, fiche de fonction, etc.) selon l’organisation existante. Certains sont allés au-delà des actions du plan. « Par exemple, pour réduire les risques associés à l’écrasement des médicaments, un Ehpad a décidé de recenser un jour donné les résidents souffrant de troubles de la déglutition. Il a communiqué la liste aux prescripteurs pour qu’ils adaptent leurs prescriptions », raconte la chef de projet. L’état d’avancement des actions était suivi tous les deux mois sur site, en petits groupes d’Ehpad (2 à 4 par groupe), favorisant ainsi le partage d’expérience.
 
Identifier les actions prioritaires à déployer
Interrogés à l’issue de l’expérimentation, les établissements ont identifié cinq actions prioritaires à déployer au niveau régional :
- Mettre en place une gouvernance de la PECM. « L’identification d’un référent PECM et la composition d’un comité pluridisciplinaire PECM nous sont apparus comme un pré-requis pour la mise en place d’actions d’amélioration », explique Laetitia Bonneau.
- Réaliser un autodiagnostic de la prise en charge médicamenteuse, via l’outil Interdiag Ehpad de l’ANAP 2. « Cette action phare permet à l’établissement d’identifier les pratiques à risques et d’établir un plan d’actions personnalisé », poursuit-elle.
- Développer la culture de gestion des risques médicamenteux afin d’amener les équipes à tirer des enseignements des erreurs médicamenteuses potentielles ou avérées.
- Améliorer la pertinence des prescriptions, notamment en mettant à disposition une liste préférentielle de médicaments adaptés à la personne âgée et en réduisant la consommation de psychotropes.
- Sécuriser l’administration.
Enfin, une dernière mesure, transversale, vient compléter ce dispositif : « associer les résidents et leurs familles à cette politique et les informer des mesures mises en place pour sécuriser la PECM », indique la chef de projet.
 
Mobiliser tous les partenaires
Consciente qu’elle ne pourra pas généraliser son plan en une seule fois auprès des 700 Ehpad franciliens, l'ARS a choisi de le déployer de manière progressive. Elle souhaite idéalement impliquer, dès l’automne 2017, les délégations départementales, les fédérations et syndicats d’Ehpad (Fehap, Synerpa, FHF), les structures régionales de vigilance et d’appui et l’Assurance maladie. « Les actions d’accompagnement de l’Assurance maladie, dans le cadre de la gestion du risque, pour réduire les prescriptions en benzodiazépines à demi-vie longue et neuroleptiques contribuent au plan d’action », souligne Laetitia Bonneau.
Enfin, les outils opérationnels, testés pendant l’expérimentation, ont été mis en ligne sur la boîte à outils « Prise en charge médicamenteuse en EHPAD » du site internet de l'ARS.
 
Image PECM