Centres et maisons de santé, au cœur de la révolution du premier recours et porteurs de solutions nouvelles pour l’accès aux soins pour nos concitoyens

A l’occasion du 38e Congrès de la FEHAP, les congressistes ont pu échanger avec Emmanuel Vigneron, professeur de géographie de la Santé à l’Université de Montpellier, Sandrine Haas de la Nouvelle Fabrique des Territoires (NFT), et Elsa Genestier, Directrice des activités sanitaires à la Croix-Rouge Française, sur « la révolution du premier recours », placée par Marisol Touraine au cœur de la Stratégie Nationale de Santé.

Pour les intervenants, les centres et maisons de santé présentent clairement une offre de soins coordonnés différente et en fort développement, pour porter l’évolution du premier recours dans la réponse aux besoins de la population.

Pourtant, comme l’a souligné le rapport IGAS de juillet 2013, les données sur cette offre de soins sont encore trop parcellaires aujourd’hui.

Emmanuel Vigneron (800x533)

Emmanuel Vigneron, DR Cocktail Santé

C’est pourquoi la FEHAP, accompagnée de la Nouvelle Fabrique des Territoires et des organismes membres du RNOGCS (Regroupement National des Organisations Gestionnaires des Centres de Santé), ont décidé de partager le projet de mieux faire connaître les différents centres de santé.

En tout premier lieu, il est d’ores et déjà nécessaire d’améliorer la connaissance de leur nombre et de leur répartition : « On ne sait pas grand-chose de la répartition et de l’activité de ces centres. Il y a une incertitude actuelle autour du nombre de ces centres », a rappelé Emmanuel Vigneron, qui a promis de « revenir au prochain congrès de la FEHAP avec un nouvel ouvrage : Histoire et géographie des centres de santé. »

Cette étude se justifie notamment au regard de l’existence persistante de certains déserts médicaux et paramédicaux en ville, de l’évolution démographique et sociologique médicale, mais également de l’urgence de trouver des solutions concrètes aux inégalités d’accès aux soins qui perdurent dans le cadre du premier recours. En effet, certaines situations se cristallisent : «  La France des beaux quartiers se perpétue. La France urbaine des quartiers en difficultés a tendance à s’aggraver pour certains », ont constaté Emmanuel Vigneron et Sandrine Haas dans leur Atlas des inégalités de santé.  Le modèle de soins du premier recours se cherche encore France, et trouve aujourd’hui dans le développement des centres de santé des éléments de réponse et de nouvelles perspectives qui méritent d’être approfondies, car les options actuelles ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Outre la nécessité de réaliser une telle étude, les échanges ont permis également de démontrer que le modèle économique actuel des centres de santé n’est pas adapté aux enjeux : « Dans le modèle économique actuel des centres de santé, impossible d’équilibrer les comptes » souligne Elsa Genestier. Si l’on souhaite que les centres de santé puissent représenter une offre pérenne de premier recours, ce qui ressortit comme une évidence, il s’avère indispensable de réfléchir rapidement avec les pouvoirs publics aux nouvelles conditions à établir de leur viabilité économique : « On ne peut pas promouvoir un outil qui est déficitaire en l’état ! ».

La FEHAP partage pleinement les analyses et propositions des intervenants sur cette session du congrès, et se réjouit que l’Assemblée Nationale et le Gouvernement aient d’ores et déjà voulu imprimer une nouvelle dynamique pour les centres de santé, dans le cadre de la première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2014 et de l’adoption de plusieurs mesures en direction des centres de santé, dont il est espéré une concrétisation aussi rapide que possible.

La FEHAP estime également qu’il est indispensable de réaliser un travail pédagogique et de communication sur les centres de santé auprès des usagers et des professionnels de santé, pour favoriser les choix professionnels d’exercice dans ces nouveaux contextes pluri-professionnels prometteurs.