Une loi de programmation sur 5 ans pour une transformation en profondeur du système de santé

Par Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique 

 

La santé s’est imposée comme un des sujets clés de la campagne présidentielle 2017

 

Les responsables politiques se sont enfin emparés de ce sujet alors que les Français classent la santé et la question de la dépendance parmi leurs principales attentes dans le cadre des débats électoraux.

La raison en est la suivante : notre système de santé, pourtant vanté pour ses qualités, est au bord de la rupture. Il est soumis au triple défi d’une transformation des besoins médico-sociaux, avec la nécessité de raisonner à l’échelle de parcours de vie incluant la prévention et le suivi d’une population vieillissante avec de plus en plus d’affections de longue durée (ALD), d’une augmentation des déserts médicaux et d’une persistance des déficits budgétaires de l’assurance maladie.

Cependant, le débat est confisqué par une opposition factice entre ceux qui proposent toujours plus de mesures d’économies ou de déremboursements et ceux qui réclament toujours plus de dépenses. Il faut impérativement dépasser ce débat manichéen. Le numérique peut y aider.

 

Le numérique est la solution pour réussir la transformation du système de santé

 

Le numérique est un vecteur unique d’amélioration de l’offre de soins et de la qualité de de vie des citoyens-usagers-patients, d’optimisation de la couverture territoriale, de renforcement de la coordination entre les acteurs et d’économies budgétaires.

Les innovations techniques et changements organisationnels permis par le numérique vont révolutionner les métiers des professionnels de santé et remettre la relation avec le patient au centre. La transition du « cure » au « care » va également favoriser l’apparition de nouveaux métiers, autour de la coordination des parcours de soin y compris à domicile.

Et le numérique va permettre aux patients d‘être davantage acteurs de leur santé. Ils peuvent s’impliquer dans le suivi de leur pathologie grâce aux opportunités offertes par les nouvelles technologies et aux relations plus fluides avec les équipes soignantes, sans contrainte de temps ni de distance (télémédecine, objets connectés).

 

Une loi de programmation santé (LPS) sur 5 ans pour dépasser le stade des expérimentations et du pilotage annuel des dépenses de santé

 

L’enjeu est aujourd’hui d’accélérer cette transformation numérique du système de santé en l’appréhendant dans sa globalité et en donnant de la pérennité aux innovations coûts efficientes. Les acteurs industriels ont en effet besoin de visibilité pour investir et s’engager dans la durée sur les programmes nécessaires à la transformation du secteur.

Le principe d’annualité budgétaire n’est en phase ni avec ce besoin ni avec ces exigences.  Il est donc nécessaire, sur le modèle des lois de programmation miliaire (LPM), de prévoir une programmation pluriannuelle des dépenses de l’Etat qui fixerait les grands objectifs de santé et les moyens y afférents.

C’est la raison pour laquelle Syntec Numérique a proposé de mettre en place une loi de programmation de santé(LPS) sur 5 ans. Cette LPS permettra de mieux piloter les dépenses et de mobiliser les financements nécessaires à la prise en charge des solutions numériques en santé, aux évolutions d’organisation, à la conduite du changement et à la formation des professionnels.

 

C’est à ce prix que le prochain gouvernement pourra réussir la transition numérique du système de santé et ainsi  réussir à préserver l’excellence française en la matière.

 

Publication le 29 mars du livre blanc FEHAP-SYNTEC Numérique sur « le financement de la transformation numérique du parcours de vie »

 

Ce nouveau livre blanc s’inscrit dans la démarche de la plateforme de propositions de la FEHAP en vue de l’élection présidentielle française.

Dans le premier Livre Blanc « La révolution du Bien Vieillir », SYNTEC Numérique avait décrit la nécessaire transformation numérique de notre système de santé et montré le rôle clé joué par les plateformes de service mutualisées.

Dans un second Livre Blanc sur la « Transformation du parcours de vie », la FEHAP et SYNTEC Numérique ont décrit comment mettre en place cette mutation, qui passe par deux axes :

  • Afficher une politique de santé publique permettant d’aligner les acteurs.
  • Créer de nouvelles organisations (plateformes de service mutualisées) s’appuyant sur les organisations de santé existantes.

 

Au terme de ces deux livres, la question du financement de cette transformation restait posée.

C’est pourquoi ce nouveau Livre Blanc, fruit d’un long cheminement commun, donne un cadre de réflexion et des pistes concrètes pour le financement de cette transformation : il résulte de la confrontation des expériences « métiers de la santé » au-travers de l’expérience réussie d’adhérents FEHAP sur des cas d’usages précis, avec les savoir-faire acquis par les entreprises du numérique dans leur accompagnement de la transformation des organisations depuis 15 ans.

Ce livre blanc sera dévoilé le 29 mars chez SYNTEC Numérique, lors de la conférence semestrielle de SYNTEC Numérique, en présence de Monsieur Godefroy de Bentzmann, président de SYNTEC Numérique, de la FEHAP et de journalistes.

Il sera alors mis en ligne sur le portail de la FEHAP, pour votre lecture, avec l’attente de vos retours.

Pour toute information, contacter :

Jean-François Goglin – Conseiller national SIS FEHAP

Stéphanie Rousval-Auville – Directrice adjointe du pôle sanitaire, Pôle Santé Social FEHAP

 

 

Zoom sur

Ce que propose la FEHAP en matière de numérique et d’innovation

 

#014 Multiplier les projets pilotes de suivi à distance pour des pathologies chroniques, et le financement d’équipements, à domicile ou en établissements.

 

#015 Commencer par une expérimentation de la télémédecine en direction des usagers fragile et à distance des centres de soins aigus, comme les résidents des maisons de retraite, les patients des hôpitaux de proximité et des établissements de santé en « activités isolées ».

 

#026 Lancer un grand chantier de récolte et d’organisation de manière à créer des bases de données sur les différentes pathologies.

 

#027 Inverser la frilosité française sur le stockage et l’exploitation des données personnelles. La réglementation devrait être adaptée pour permettre l’exploitation des formidables ressources de données que la France possède déjà.

 

#028 Concevoir des programmes de recherche avec toutes les parties prenantes sur les données de santé.

 

#029 Tirer profit du Big Data et favoriser l’émergence d’une initiative similaire au Blue Button américain.

 

#030 Lancer un grand plan d’équipement et fibre optique et en couverture territoriale pour les téléphones mobiles sur tout le territoire.

 

#031 Investir dans les plateformes de suivi à distance.

 

#032 Rembourser pour les particuliers et financer pour les professionnels un premier panel d’objets connectés.

 

#035 Développer la Silver économie en mettant en place des Silvers régions et en intégrant les séniors à la gouvernance régionale.

 

#71 Créer des formations tout au long de la vie, centrées sur les nouvelles technologies, les études de pointe et les nouvelles tendances des attentes et des usages.

 

#72 Lancer une réflexion nationale et concrète sur la création des nouveaux métiers liés à la révolution numérique.

 

#74 Créer des référentiels et des contenus de formation de qualité sur la santé numérique.

 

#79 Créer un grand prix de l’innovation.

 

#80 Demander que BPIFrance intervienne comme accélérateur de cette innovation et en finance l’amorçage.

 

#81 Mettre en place un crédit innovation en réduction des charges sociales, sur le modèle du Crédit Impôt Recherche (CIR).

 

#107 Créer un fonds santé innovation.

 

#108 Lancer un plan « médico-social numérique ».

 

#109 Pérenniser les crédits alloués à l’innovation.

 

#110 Accélérer les expérimentations à l’échelle locale tant en matière de réglementation que de financement.

 

#111 Donner des objectifs de créations de « living labs » dans chaque région.