Retour sur.... la Conférence de Dominique LIBAULT "Grand Age : le temps d'agir" - Rouen

A l'initiative de la députée Annie Vidal, députée de Seine-Maritime, d'Agnès Firmin-Le Bodo, députée de Seine-Maritime et du président du Département de la Seine-Maritime, Pascal Martin, Dominique Libault, pilote de la concertation Grand Âge et Autonomie donnait une conférence à Rouen, suivie d'une table ronde réunissant des adhérents FEHAP de Normandie.

Une conférence particulièrement attendue, si l'on en juge par le nombre de participants ayant répondu présent en cette matinée, dont de nombreux directeurs et directrices d'établissements adhérents de la FEHAP.

Une question, comme un fil rouge de cette journée, se pose toutefois, comment passer des constats aux actes ? Comment concilier les ambitions de ce rapport avec les contraintes qui pèsent aujourd'hui sur les décideurs publics. 

En ouverture de cette journée, Pascal Martin, président du Département de Seine-Maritime rappelait l'engagement de sa collectivité dans la lutte contre l'isolement des aînés. Une mission naturelle pour la collectivité des solidarités.

Agnès Firmin-Le Bodo, députée de Seine-Maritime rappelait les attentes nées de ce rapport et l'importance de leur traduction dans des mesures concrètes comme cela avait été le cas pour les services d'aide à domicile. Elle ajoutait cependant que les mesures devaient désormais être pérennes pour permettre au secteur d'oeuvrer sur le long terme.

Un constat partagé par Annie Vidal, députée de Seine-Maritime qui rappelait le choc démographique à venir avec 5 millions de Français qui auront plus de 80 ans en 2050. Dénonçant l'ehpad bashing trop facile, la députée invitait à saisir cette conférence et cette table ronde pour construire ensemble des propositions qui devront trouver sa traduction dans la future grande loi. 

Des première réponses ont été apportées par Dominique Libault. Revenant sur la démarche inédite de la consultation Grand Âge et Autonomie, il a rappelé la mobilisation tant des professionnels que du grand public sur ces questions. A Rouen, la concertation avait réuni un grand nombre de participants. La FEHAP avait, déjà, contribué aux travaux, en mobilisant plusieurs de ces adhérents tant du secteur des EHPAD que du domicile. 

Le pilote de la concertation revenait ensuite sur un constat partagé, la France dépense plus que ses voisins pour la santé et la protection sociale mais moins que dans d'autres pays comparables (Pays Bas, Allemagne, Danemark ou Suède) pour les politiques du grand âge. 

Cette situation créé aujourd'hui, dans l'opinion publique, une inquiétude sur les modalités d'accompagnement, notamment en ce qui concerne sa qualité. Une inquiétude qui est également celle des aidants, parfois confrontés à de nombreux interlocuteurs et en demande de simplification. 

Le grand âge, c'est aussi une question de changement de regard, à ce titre, Dominique Libault rappelait l'importance des termes utilisés, c'est notamment l'enjeu du rapport que la députée Dufeu-Schubert devra remettre, sur la place des ainés dans notre société.

 Détaillant les principaux points de son rapport, Dominique Libault se prêtait ensuite aux échanges avec la salle. Au coeur des questions et des attentes, les nouveaux modes de financement, notamment pour renforcer l'attractivité des métiers dans le secteur du domicile, mais également des établissements.

La table ronde suivant l'échange réunissait Agnès Firmin le Bodo, députée, Marie Pascal Mongaux, Directrice de l'EHPAD (Public) des Aubépins, véritable ville au coeur de la ville et représentante de l'AD-PA, François Nicolas, Secrétaire général de la Fondation Fil Seine (FEHAP) et responsable régional AD-PA, Blandine Lefebvre Vice président du Département, Caroline Thierry Directrice de l'EHPAD Castel Saint Jacques (FEHAP) et le Dr Garces (ARS Normandie).

Agnès Firmin le Bodo indiquait au cours de celle-ci son souhait de clarification au niveau des compétences. Savoir "qui fait quoi" pour agir de manière plus efficace. A ce titre la députée et conseillère départementale, plaidait pour une compétence départementale forte, indiquant qu'en Seine-Maritime, ARS et Département travaillaient main dans la main, ce qui n'était toutefois pas le cas dans tous les territoires admettait-elle. La députée revenait également sur la question de la tarification des SAAD dont une réforme est essentielle pour permettre à ces services d'accompagner le maintien à domicile.

François Nicolas intervenait notamment pour expliquer la difficultés, dans le champ du domicile, de l'intervention pour éviter les ruptures de parcours et la complexité du financement qui en découlait dans le cadre de la coordination des interventions.

Le Dr Garces témoignait des actions de l'ARS Normandie pour réduire les inégalités territoriales, particulièrement fortes en Normandie. 

Blandine Lefebvre saluait les actions de la Conférence des financeurs, dont les accompagnements ont permis, en Seine-Maritime, de lutter contre l'isolement des personnes âgées, mais regrettait toutefois l'absence de visibilité à moyen ou à long terme. De ce point de vue, la loi grand âgé et autonomie est aujourd'hui très largement attendue par les acteurs de terrain pour envisager sereinement l'avenir. Un pilotage renforcé et unifié serait nécessaire.

Marie Pascal Mongaux alertait de son côté sur la nécessité d'une prise en compte collective de la société qui ne peut plus dire qu'elle ne sait pas comment on doit accompagner le grand âge et l'autonomie. La question du bien viellir est au centre du rapport Libault, qui donne beaucoup d'espoir mais ne doit désormais pas décevoir.

Annie Vidal concluait la table ronde et cette matinée d'échanges en indiquant que des signaux forts en termes d'arbitrages budgétaire sont à noter du côté d'Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et des Solidarités et d'Edouard Philippe, Premier Ministre. Deux figures qui portent aujourd'hui un message fort pour l'amélioration de l'accompagnement des aînés. Ces portages politiques doivent désormais trouver leur traduction dans la loi. La question de la Gouvernance sera abordée, étant entendu qu'il est nécessaire de savoir qui pilote quoi dans le domaine. L'information et l'orientation tant des personnes que des aidants sera également un axe fort, un lieu unique d'orientation sur le territoire sera mis en place pour accomplir cette mission. 

Ainsi que les premières pistes du rapport Dufeu-Schubert le laisse paraître, le changement de regard de notre société sur ses aînés est fondamental. "Il ne faut jamais oublier ce qu'ils ont été"  indiquait la députée en parlant de ces aînés, aux multiples vies, à la richesse intérieure inégalable. 

Enfin, concluait la parlementaire, l'accompagnement des établissements sera également un enjeu crucial. Accompagnement dans l'amélioration de la qualité de vie au travail, levier fondamental pour améliorer l'attractivité du secteur. Accompagner la structuration de l'offre et la réponse aux attentes, parfois paradoxales, des aidants dont les exigences, pour leurs parents, se transforment en permanence. 

De nombreux défis sont devant nous, le rapport Libault propose des solutions, notamment en matière de financement, durables et pérennes, le débat parlementaire s'annonce particulièrement intéressant, heureusement, comme l'illustre cette journée, les parlementaires et les professionnels normands y sont préparés !